Un village
Je me lève tôt ce matin, il fait encore nuit et je prépare aussi discrètement que possible mon sac pour cette chaude journée. Dans le séjour-cuisine du bungalow, un des deux belges dort ; sûrement pour épargner à son ami qui est dans la chambre, ses ronflements (plus sonores que les miens ... !). Il entrouvre un œil et m'assure que je ne l'ai pas réveillé et que de toute façon il va faire la grasse matinée. De fait, il se rendort aussitôt avec un bruit de locomotive.
Je me lève tôt ce matin, il fait encore nuit et je prépare aussi discrètement que possible mon sac pour cette chaude journée. Dans le séjour-cuisine du bungalow, un des deux belges dort ; sûrement pour épargner à son ami qui est dans la chambre, ses ronflements (plus sonores que les miens ... !). Il entrouvre un œil et m'assure que je ne l'ai pas réveillé et que de toute façon il va faire la grasse matinée. De fait, il se rendort aussitôt avec un bruit de locomotive.
Je sors donc dans la nuit vers la route puis la forêt toute proche. La pénombre dans le jour naissant donne une allure fantomatique aux arbres et aux buissons mais nulle angoisse à l'horizon. Il fait beau et la journée promet d'être chaude alors je profite de cette traversée forestière à la fraîche avec ravissement. Je me faufile sur les sentiers de terre, une bestiole traverse le chemin me remarquant à peine ; j'ai cru reconnaître une martre avec une belle queue touffue. Joli sentiment que celui d'être de passage dans son monde avec le seul plaisir de la voir vive et libre. Je monte doucement vers la sortie de la forêt. À la lisière du bois, je vois le chemin qui suis la ligne de crête et c'est le moment magique que choisi le soleil pour émerger de derrière les quelques maisons qui bordent le champ. Moment magique choisi exprès pour me montrer le chemin, il est presque dans mon dos juste dans l'axe du sentier, il éclaire en rasant les cailloux, le sol devant mes pieds et la balise du GR65. Il a l'air de me dire : "Tu peux y aller, tu es dans la bonne direction !" Il y a des signes qui ne trompent pas pour peu que l'on capte l'évident message.
Le village dans lequel j'arrive, précédé de quelques fermes, s'appelle Revel-Tourdan.
Simple village de la campagne dauphinoise mais bien mis en valeur par de très instructifs panneaux explicatifs que je vous laisse lire au droit des photos si vous le voulez bien
Dans l'angle d'une maison, ... une coquille ! Levons les yeux !! Heureusement que la flèche était là sinon j'aurais loupé cette charmante statue de Saint Jacques qui me fait signe sur le chemin
Un petit tour vers l'église qui a aussi son charme avec la vieille bécane posée devant, ... un engin d'un autre âge. Tiens ! On ferait peut-être bien le chemin avec ça !! Ah ! arriver en pétaradant à Santiago !!

Une voie de TGV nous accompagne sur quelques centaines de mètres (ah ben évidement! s'il roule à trois cent à l'heure, il va arriver avant moi !!!) Mais heureusement, ils ont prévu un passage pour le chemin. Ils ont vu large, pour un pèlerin avec un sac à dos, il fallait bien ça !!
Un peu de campagne et de chemin, Une petite pause casse-croûte et sieste dans une forêt de frênes et comme j'approche de la vallée du Rhône, le vent est un peu frais. Alors je ne m'attarde pas. Un autre Saint Jacques m'attend à un croisement de routes et il m'annonce la couleur ...

"Allez, courage ! Encore un peu plus de cinq cent lieues et tu es arrivé !
(pour les curieux, qu'est ce qu'une lieue ?)
ULTREÏA !

L'arrivée est proche et je trouve facilement mon hôte du soir qui habite au bord du chemin avec la petite statue de Saint Jacques qui garde sa maison. Accueil chaleureux dans cette grande maison moderne avec une vue exceptionnelle sur la vallée du Rhône décorée d'une centrale nucléaire juste en face au loin, ... inquiétant ! mais mon hôte a sa philosophie particulière à ce sujet ... disons qu'il pense que cela sera plus vite fini pour lui en cas de pépin et s'inquiète pour les populations "survivantes" plus éloignées ... pas très rassurant !



















