Fermes et châteaux
Un nouveau départ après un petit déjeuner particulier, En effet, mon hôtesse n'est pas seulement artiste mais aussi experte en...confitures. Ainsi quand je lui ai dit que je ne prenais pas de beurre au petit déjeuner s'est-elle empressée de me vanter les mérites de ses créations ... sucrées. Un délice avec des goûts et saveurs mélangés de tomates, figues, pommes et autres fruits et légumes insolites (il fallait s'en douter, ça ne pouvait pas être des confitures ordinaires).

Sur le pas de la porte, elle me remet sur le chemin, rassasié et prêt pour une nouvelle journée de marche.
Dès le départ sur le bon chemin, on ne peut pas se tromper. Aujourd'hui c'est un parcours simple au milieu des fermes et châteaux du Dauphiné.
Passage à l'embranchement avec la Voie d'Arles à Gilloney
Une sculpture très évocatrice nous invite à ouvrir le livre en nous orientant qui vers le Sud et qui vers l'Ouest pour arriver "chemin faisant" ... jusqu'à Santiago (mais c'est encore bien loin) Je pourrais aussi bien dire "En si bon chemin", évoquant ainsi le livre de Léo Gantelet car la sculpture qui est devant moi à cet instant est l'œuvre de son fils Stéphane qui a signé d'autres œuvres sur le chemin. Ce livre est à l'origine de ma démarche, disons qu'il en a été le déclencheur (après trois années de réflexions tout de même) c'est lui qui a semé la graine, transmis ce virus que je vais soigner en marchant, espérant ne pas en guérir !!
Pause fraîcheur, deux belges me dépassent mais apprécient aussi la fontaine ... je les retrouverai plus tard ...
Passage à Ornacieux, l'église est particulière avec ses murs en galets comme pas mal de maisons dans la région Dommage qu'elle soit fermée, il paraît qu'elle a une histoire avec la Bienheureuse Béatrice d' Ornacieux fondatrice du monastère de Parménie toujours actif. Dommage qu'elle soit fermée, il paraît qu'elle a une histoire avec la Bienheureuse Béatrice d' Ornacieux fondatrice du monastère de Parménie toujours actif.
Nous allons avoir très chaud cet après midi mais nous avons peu à marcher jusqu'à Pommier de Beaurepaire, village situé en hauteur. La dernière côte est particulièrement gratinée et dire que le topo-guide parle d'un "petit raidillon" ! Arrivé à l'entrée du village je suis lessivé, comme je dois rejoindre un camping dans lequel j'ai réservé et que je crains de me perdre, j'appelle le gérant du lieu qui vient aimablement me récupérer. Et j'ai bien fait car avec les détours et les indications hasardeuses, je me serais probablement perdu. Soit ! J'arrive donc et je m'installe dans mon charmant bungalow ...
... petit confort pour une nuit. Après un moment de détente-décrassage, Je commence à faire ma tambouille lorsque je vois débarquer le gérant suivi des deux belges qui n'ont rien trouvé au village et qui ont battu la campagne pour dégotter ce fameux camping perdu dans les coteaux. Il me demande si cela me dérange de partager ce cabanon avec eux et comme il y a de la place pour quatre ou cinq évidement j'accepte. Une fois qu'ils ont posé leurs sacs et installé leurs couchages, ils descendent au restaurant du gîte me laissant tranquillement manger mes nouilles. Avant la tombée de la nuit je descend au bureau d'accueil pour régler mon logement car je pars très tôt demain matin, chaleur oblige. Et là, je vois mes deux belges accoudés au bar. Visiblement n'ayant pas encore mangé mais ayant déjà bu. Chacun a, devant lui, un demi (je veux dire un VRAI demi) et ce n'est que le deuxième car je vois, à côté, les précédents qui sont déjà éclusés. Las ! les deux demis (-litres) une fois terminés ils se disent qu'il faudrait bien goûter au breuvage local et commandent une bonne bouteille de blanc. Il faut dire que l'on est au milieu des vignes mais tout de même ... une bouteille chacun ... ??!!! Parlons un peu d'eux avant qu'ils ne puissent plus parler. L'un d'eux était expert en pierres précieuses et parcourait le monde pour le compte de collectionneurs très fortunés et son ami était professeur d'université. Tout deux amis de longue date parcourait le chemin au gré de leur retraite. Il avaient déjà traversé l'Espagne deux ans auparavant et la partie du Puy à Saint-Jean-Pied-de-Port l'année suivante. Il ne leur manquait plus que la partie Genève - Le Puy pour accomplir leur périple à leur façon, dans le désordre ... !! Je laissais ces fameux compagnon du chemin à leur repas, chacun avec sa bouteille de blanc et je rentrais me coucher leur signalant au passage que je ronflait. Ils rigolèrent un bon coup en me disant que je n'arriverais sûrement pas à les battre sur ce terrain (ce que j'ai pu constater dans la nuit) mais contrairement à mon précédent colocataire, ils n'étaient nullement réveillés ni embarrassés de ma musique nocturne.










