La Margeride, forêt de légende
Pas grand chose à dire de cette journée, pour moi qui suis déjà chaud d'une quinzaine de jours de marche, je n'éprouve plus les démarrages difficiles depuis longtemps et la région est beaucoup moins accidentée que celles que j'ai traversées avant d'arrivée au Puy en Velay.
Je ne dirais pas que c'était une promenade de santé mais la traversée de la Margeride m'a laissé un souvenir de sentiers forestiers assez calmes et tranquilles. Il y avait en arrière plan, en arrière pensée, les légendes de la Bête du Gévaudan qui a été tant racontée et qui colle parfaitement avec ces paysages.
Au passage nous croisons la Tour des Anglais àLa Clause
Villeret d'Apchier
Qui nous laisse voir un beau travail en pierre locale ainsi que la Source Saint Pierre qui est bien cachée en bas du village. Bien peu de pèlerins viennent s'y désaltérer tant elle est discrète.
C'est à partir de ce village que se trouve la petite entorse au Chemin de Saint jacques ... En effet, lorsqu'on regarde la carte, on comprend aisément et en toute logique que l'on pouvait couper par Chanaleilles et filer tout droit sur la Fontaine Saint Roch et la Chapelle du même nom ; ce que faisaient les pèlerins d'antan et encore il n'y a pas si longtemps, avant que la Fédération Française de Randonnée Pédestre ne mette la main sur ce chemin de pèlerinage pour en faire son domaine réservé. Le Conseil Général en a décidé autrement et la mise en valeur (touristique) du Domaine du Sauvage était prioritaire à la vérité historique.
Certes ce domaine est remarquable avec sa ferme templière et son buron typique. J'ai cédé aux injonctions de passage en ces lieux mais outre un accueil calamiteux (nous n'étions pas des touristes intéressants) j'ai eu l'impression d'être regardé comme une bête curieuse par les personnes qui étaient venues en voitures. Des pèlerins pour faire joli dans le décor et donner le prétexte à la dénomination "étape du chemin". Les gens qui passaient une nuit dans cet endroit pouvaient presque se croire pèlerin d'un jour. Bref j'ai bien cru un moment que l'on allait me jeter des cacahuètes derrière les barrières qui délimitaient le passage de chemin.
Cette obstination ne lui portera pas chance puisqu'il abandonnera quelques étapes plus loin à la limite de l'hospitalisation. Par le plus grand des hasards lors de mon deuxième chemin (que je vous raconterai plus tard) je l'ai revu en arrivant sur Santiago avec mon amie Denise (ça, c'est aussi une autre histoire) Je crois bien qu'il avait le même bâton et aussi la même rage d'arriver malgré le boitement qui me l'avait fait reconnaître. le même boitement que sur cette image. Il avait retenté sa chance et je pense que cette fois ci, en 2010, il a réussi à finir son chemin de souffrance.
Saint Alban sur Limagnole



































