Le grand départ
Pour la deuxième fois j'assiste á la messe des pèlerins mais cette fois-ci mon sac à dos m'accompagne. Après le rituel de la bénédiction devant la statue de Saint Jacques, je vais faire tamponner ma crédenciale à la sacristie et me rend dans le chœur avant de partir. Le grand portail est ouvert à deux battants. En fait ce sont deux grilles sur le sol de l'allée centrale qui s'ouvrent sur le grand escalier. Et nous empruntons cet escalier entre deux murs étroits. Nous arrivons au jour un peu comme si la cathédrale accouchait d'un pèlerin.
Il y a beaucoup de larmes d'émotions lorsqu'on se rend compte du lâcher prise que cela représente. Pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois, nous allons traverser des contrées pour la plupart inconnues dans des conditions incertaines. Et on se dit aussi que tellement d'autres l'ont fait avant nous, ça serait leurs faire affront que de renoncer surtout sans avoir essayé au moins quelques jours. Je traverse Le Puy avec les autres pèlerins. Bien peu vont jusqu’à Santiago, beaucoup de "randonneurs" qui démarrent du Puy et finiront à Conques, Figeac, plus rarement Moissac. J’ai l’impression d'être le seul à partir pour le "grand pèlerinage".
Saint Jacques nous attends à la sortie de la ville après que l'on ait attaqué une côte qui vous chauffe un peu les jambes
Un dernier coup d'œil sur la ville, le temps est au beau et cette petite brume qui se lève dans le creux du Puy nous donne cette image romantique des départs sereins
Nous arrivons sur le plateau. L'ancienne route
de Saugues déroule son ruban de chemin pèlerin heureusement peu pratiqué par les automobiles. Ici nous commençons le voyage pédimobile.
Arrivée à la première croix, route de la Sermone.
Le parcours est relativement plat et nous permet d'apprécier ces premiers kilomètres qui vont nous amener dans un premier temps à


Traversée de quelques villages avec les maisons en pìerres volcaniques (la "brèche") et une descente un peu raide à travers bois avant l'arrivée.
À Saint Privat d'Allier


"Chemin du Bonheur" Jean Marc et Marie Lucien. Une adresse et tout un programme avec le couple qui tient cet accueil pèlerin.
Et on peut dire qu'ils ont fait parler d'eux par la suite. Peut être évoquerai-je leurs aventures et mésaventures dans de prochains épisodes car leur histoire se déroule sur plusieurs années et sur plusieurs de mes pèlerinages
Disons d'emblée que l'accueil de Jean Marc Lucien est un accueil chrétien même si les pèlerins sont libres d'adhérer ou non aux dogmes et aux préceptes de cette religion. C'est un accueil bénévole qui correspond à un acte de charité chrétienne. Sans faire de prosélytisme, Jean Marc indique clairement sa position et propose une messe et des prières à ceux qui le désirent.
Étant un des premiers gîtes du chemin après le départ du Puy en Velay il a une position de choix pour indiquer la marche à suivre dans ce pèlerinage. Et sa démarche à lui est clairement chrétienne. Ceci n'augure aucunement de la position de ceux qui passent chez lui qui comme moi, novice, cherchent parfois tout autre chose. Soit une fuite du quotidien, soit un moment de solitude accompagnée pour un ressourcement intérieur. C'est d'ailleurs, je le constaterai par la suite un excellent moyen de faire le point avec ses possibilités et ses limites. Une sorte de méditation ambulante du meilleur effet.
Ainsi donc notre visite commencera-t-elle par l'église. et quelques unes des croix de village qui sont très caractéristiques en cette région.
Après un petit coup d'œil au belvédère de la vallée de l'Allier nous passons devant le château et enfin nous revenons à l'accueil pèlerin où un repas en commun est proposé. Ce soir nous seront dix sept pèlerins à de partager nos espoirs, nos craintes et parfois nos motivations. Et mesurer l'ampleur des attentes pèlerines face aux siennes propres. C'est justement à ce moment que l'on voit la diversité des approches de cette démarche.




























