Pluie du matin ...

... n'arrête pas le pèlerin

6h30 ... Après une furieuse nuit d'orage, dès le Pont Neuf (le point de départ depuis Annecy) j'inaugure le poncho et me voilà baptisé pèlerin.



Je connais déjà l'étape du jour pour l'avoir faite plusieurs fois en promenade.
La différence ce jour là, c'est que je ne rentrerai pas à la maison.
Chaque pas qui m'éloigne d'Annecy me rapproche (déjà!) de Santiago.


Arrivé vers midi (eh oui ! 19 km ce n' est pas si long que ça !) je passe vers l'église et après un casse croûte local, je vais faire une petite sieste ... sur un banc de la maison divine car il s'est remis à pleuvoir et je pense que Notre Seigneur ne voit pas d'un mauvais oeil cette visite d'un être humain sur le chemin de son ami Saint Jacques (qui était son apôtre, pour information!) Et puis, Il voit bien peu de monde dans sa demeure à notre époque païenne ! Lui qui prônait l'hospitalité, je crois qu'il me la concède avec bienveillance. Je me réveille juste avant l'arrivée de Monsieur le Curé (en soutane) qui, un peu surpris de voir un énergumène sac au dos et bourdon à la main, m'invite à pénétrer dans son presbytère pour apposer sur ma crédenciale le cachet, preuve de mon passage dans sa paroisse...
 


le premier tampon sur la crédenciale

 

 


Ce premier jour de marche se passait donc sous les meilleures auspices et je pouvais m'enquérir d'un gîte pour finir ma journée et préparer la suite L'accueil prévu la veille ne semblait pas être disponible et il était bien tôt, en ce début d'après midi. Après un contact avec le fils de mon hébergeur, il s'avérait que les parents ne rentreraient pas le soir même et je me retrouvais sans toit pour cette nuit ... ! 
Sans toit ! 
C'était sans compter sur le très utile "guide" fourni par les "Amis de Saint Jacques" Dans le petit carnet jaune je trouvais sans difficultés une autre adresse non loin de là. Un coup de fil et quelques explications plus loin, je me retrouvais à marcher dans la campagne, me dirigeant vers ma demeure du soir. Après un détour conséquent ... (le détour est l'apanage du pèlerin, quand à se perdre en route autant commencer tout de suite, et puis après tout, j'ai la chose la plus précieuse qui soit sur le chemin ... j'ai le temps) Après un détour conséquent donc, me voilà reçu comme un prince par une famille de grands parents avec deux charmants petits enfants et un repas campagnard simple et généreux dans la grande maison de village. Une nuit passée dans une chambre de bois, de cire et d'encaustique, avec au mur les photos des anciens et les souvenirs de voyages de mes hôtes.D'un voyage ... à Compostelle où ils étaient allés, quelques années auparavant et où j'allais arriver ...

                                                 ... dans quelques jours !

 






 
 
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