Petite étape

Un départ matinal et solitaire, mon "aimable" co-pèlerin ayant décliné mon invitation à marcher de conserve ... et je trouve le moyen de me perdre dès les premiers kilomètres. Disons que je suis, de loin, le "vrai" chemin dans cette plaine qui se réveille sous le soleil. Pas de rallonge donc, juste un parcours un peu différent qui me fait arriver assez tôt à Saint Genix sur Giers. (Hum, ça sent bon la brioche !!) Assez tôt pour trouver porte close à l'église et au presbytère ... tant pis, je n'aurais pas le précieux tampon sur ma crédenciale. (il y en aura d'autres) Je préfère marcher, les journées sont chaudes et la marche du matin est bien agréable    


 

 Petite pause fraîcheur, on apprécie l'eau. 

Quelle chance nous avons.                             

  

Passant devant une maison de village en terre (comme nous en avons vu hier), je converse un moment avec l'agriculteur qui regarde passer les pèlerins tout au long de la belle saison. Il me dit qu'il aimerait bien aussi partir mais avec le travail de la terre et des bêtes il est retenu ici. Et en voyant deux belges qui nous saluent joyeusement (avec leur si bel accent) il me dit : "Vous vous rendez compte, venir de si loin pour faire notre chemin !" Notez le "notre" chemin, ... Je pense qu'il a vraiment envie de le faire, ce chemin. Reprenant ma route, je lui souhaite bonne vie et un jour concrétiser le rêve que suis en train de réaliser.      


Un petit arrêt repas et une bonne sieste à l'ombre d'une clairière face au village. Rien de tel pour repartir du bon pied, 





Mais l'étape se termine sur une énorme côte du joli nom de "montée du Riboulet" après Les Abrets jusqu'au gîte que j'ai choisi pour ce soir. J'arrive à Charencieu, chez une dame charmante très distinguée et au petits soins pour ses pèlerins-invités. Pensez ! lorsqu'on vous propose une coupe de champagne au sortir du décrassage du marcheur on est un peu surpris surtout que mon statut de pèlerin ne date que de quelques jours. Je ne dirais pas l'âge de Nicole aussi appelée "Pauline"(c'est une longue histoire d'état civil), je ne dirais donc pas l'âge de Pauline mais elle pouvait être ma mère et sa distinction m'interdit de le dévoiler. 
En tout cas la discussion que nous avons eu ce soir là, 
tout en regardant la télévision, était aussi riche et émouvante qu'une soirée familiale. Elle me parlait de ses enfants (5) tous grands et tous bien "casés", de leurs aventures à travers le monde et de leurs situations. Quand j'ai parlé des miens, j'ai entendu des paroles qui m'ont mis le cœur au bord des larmes tant son humanité et sa maternité parlaient vrai. Toute en tolérance et en compassion, cette femme d'une grande classe était bien au delà de l'image de grande bourgeoise que sa situation professionnelle lui avait fait atteindre. (elle avait tenu des places de relations publiques au plan national et international dans le domaine de la santé) Et sous ma plume ce terme de grande bourgeoise n'a rien de péjoratif bien au contraire car elle m'a fait découvrir qu'en regardant derrière l'image des gens on peut trouver leur vraie noblesse et c'est encore mieux quand ils la dévoilent sans détour. Elle avait, de toute évidence, fort bien compris la vie et je garderais longtemps le souvenir de ses mots sur mes tourments de parent. Sa culture et sa simplicité ne pouvait que me convaincre de la sincérité de ses sentiments et la pertinence de ses avis.  
Merci donc Pauline-Nicole pour ces moments de pur bonheur, ils sont resté gravés dans mon cœur ! Voilà donc mon premier "cadeau" du chemin. Et ce soir là, dans la petite chambre de ses petits-enfants, j'ai dormi du sommeil du juste avec le cœur en Paix.

 


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