De l'Aubrac au Lot

Un peu comme partout quel village n'a pas sont bassin et son travail. Rieutrot d'Aubrac n'échappe pas à la règle.

Plus sérieusement , nous poursuivons la traversée de lAubrac et cette fois ci nous sommes dans le bain ou du moins dans le marécage. En effet de nombreux points d'eau et ruisseaux parcourent le paysage avec ses ponts et ses croix toujours destinées aux bénédictions propitiatoires de ces lieux reculés. Qui n'a pas sa croix verra peut être ses récoltes ou son bétail spoliés par la nature ou les démons. Il vaut mieux prendre ses précautions.


Même la religion de l'argent a investit le paysage pour signaler sa présence et sa prééminence.
Vous êtes venus alimenter votre âme mais n'oubliez pas d'alimenter votre porte monnaie.
EGLISE
Nasbinals
nous accueille dans sa charmante église 

NEF STATUE BENITIER

PARVIS
MAISON FONTAINE

    Une belle maison et une fontaine pour trois pèlerins et voila Nasbinals traversé
en route pour le col d'Aubrac PANNEAU


Et que voilà une belle rencontre. Robert Zitoun (au centre) avec sa femme et son beau père. Robert Zitoun est membre des Amis de Saint Jacques d'Annecy. Ancien chercheur au CERN il a fait plusieurs fois le chemin notamment en vélo avec sa femme fortement handicapée suite à un AVC qui l'a privée de certaines facultés (mémoire)(un drame car elle était prof de math) et qui l'oblige à être accompagnée en permanence.  Pour ces trois là, le Chemin est une passion et il n'y a rien d'étonnant de les rencontrer ici, cet Aubrac que Robert a traversé en hiver en solitaire alors qu'il revenait d'un de ses chemins de Compostelle (et oui, il avait fait l'aller-retour).



Après le passage devant le monument dédié aux pèlerins et l'émouvante arrivée á la Domerie d'Aubrac, il faut se souvenir de l'importance de ce lieu aux premiers temps du pèlerinage :



C'est surtout au moment où l'on pénètre dans la nef de Notre dame des Pauvres que l'on est saisi par le grand dépouillement de ce lieu qui semble si bien porter son nom. Ici, point de statues ni colonnes chantournées ni autel doré. Seule quatre murs semblant contenir les prières et les âmes des pèlerins dont certains mouraient ici bien avant d'arriver au but encore si lointain.

L'accueil des pèlerins de Compostelle

L'hôpital d'Aubrac a été bâti à proximité de la voie qui traversait l’Aubrac pendant l'antiquité, dont le tracé a été emprunté, probablement dès le xie siècle, par la via Podiensis, un des chemins de Compostelle. Du fait de sa situation sur un des secteurs les plus périlleux de la traversée du plateau, il a développé une importante fonction d'accueil des pèlerins et voyageurs. En hiver, les risques de s'égarer étaient en effet très grands du fait de la neige, et en toute saison, le brouillard fréquent pouvait rendre l'orientation extrêmement difficile. De plus, dès le début du Moyen Âge, des bandes de voleurs étaient présentes dans les environs et les voyageurs ne s'aventuraient dans la montagne qu'en groupe afin de se défendre contre de probables attaques.

Le pèlerin était reçu par le dom, qui lui présentait de l'eau pour se laver les mains. Puis on lui offrait gîte et nourriture, après lui avoir prodigué quelques soins corporels : lavement des pieds et nettoiement des vêtements pour les débarrasser des poux et des souillures, et on lui préparait un lit. Utiles, ces gestes avaient aussi valeur de symbole : selon l'Écriture, accueillir un pauvre, c'est accueillir le Christ. Un bâtiment spécial accueillait les pèlerins malades, qui pouvaient compter sur le dévouement et les soins des religieux. Ces malades bénéficiaient d'une nourriture plus recherchée et abondante (un « aligot »), de lits moelleux, d'un bon éclairage, et d'un service divin assuré à leur chevet ; la durée de leur séjour n'était pas limitée et s'ils voyageaient en groupe, il était permis à leurs compagnons de rester jusqu'à leur guérison. En dépit de cette sollicitude, il arrivait que l'hôpital constitue, pour certains pèlerins, la dernière étape de leur pérégrination. « aide des vivants » mais aussi « salut des morts », selon les termes du Guide du Pèlerin, la domerie se chargeait alors de leur ensevelissement, ultime œuvre de miséricorde en faveur des marcheurs de Dieu.

Cinq cloches étaient abritées dans le clocher de l'église du monastère, dont l'une, la célèbre « Maria », dite « cloche des perdus », était actionnée durant de longues heures du jour et de la nuit en temps de neige et de brouillard pour guider les voyageurs et pèlerins égarés. Son carillon était perceptible à plusieurs lieues à la ronde. Brisée en 1595 lors de l'attaque des ligueurs, elle fut refondue en 1668 sous le domnat de Louis-Antoine de Noailles, puis de nouveau en 1772 sous celui de Sicaire Gintrac. La ferveur religieuse qui animait les chrétiens au cours de leurs voyages trouve un reflet éloquent dans l’inscription latine que l'on peut lire sur la cloche des perdus : Deo giubila / clero canta / doemones fuga / errantes revoco (elle loue Dieu / chante pour le prêtre / chasse les démons / ramène les égarés).

source Wikipédia

Le repas des pèlerins de Compostelle, vers 1462-1465 (Friedrich_Herlin)

Après cet intermède mémoriel, nous reprenons le chemin pour finir la traversée en beauté à travers les villages qui annoncent la fin des solitudes désolées des plateaux d'Aubrac 

Nous voilà à Saint Chely d'Aubrac et nous devons faire un choix. Soit nous arrêter ici près seulement 22 kilomètres (ce qui fait une petite étape pour les marcheurs entrainés que nous sommes maintenant) soit continuer jusqu'à Saint Côme dOlt qui se trouve 16 kilomètres plus loin. En effet il n'y a pas d'hébergement entre ces deux point ce qui nous oblige à faire ces 16 kilomètres d'une seule traite.
Certes, il fait beau et il est encore tôt mais ces 16 kilomètres tout en descente vont s'avérer particulièrement "casse-mollets" 


Au lieu dit L'Estrade les habitants du lieu ont préparé un petit coin de repos ombragé dans une petite remise très bien arrangée. Du thé, du café, des rafraichissements et quelques petits gâteaux ainsi qu'une petit boite pour recevoir les dons.
le voisin d'en face a même façonné quelques bâtons de marche qu'il propose aux pèlerins moyennant une obole librement fixée. 



Encore quelques kilomètres, les derniers, les plus usants. Pas trop pour le moral car comme nous sommes en descente il ne va pas y avoir de suées, mais surtout pour les pieds qui tapent sur le devant de la chaussure. Ont dit que les longues étapes c'est toujours quatre kilomètres de trop. Ces quatre kilomètres qui font les ampoules. nous verrons ce soir que c'est exact (heureusement pas dramatique)
Nous aurons tout de même parcouru plus de 38 kilomètres ce qui sera parmi les plus longues étapes du chemin.



Nous voilà arrivés en vue du couvent de Malet, notre étape de ce soir. 
Et là, c'est le grand luxe. nous sommes accueillis en toute simplicité par des hospitaliers d'Annecy dans ce couvent des Ursulines mais l'hébergement  est de grande qualité. façon palace. Ascenseur pour monter dans les chambres et salle de bains dans chacune d'elles. Nous devions être trois dans cette chambre mais, arrivé un peu tard j'ai eu le privilège d'être seul pour cette nuit bien méritée.
Nous descendons au réfectoire en passant par un petit self service pour un repas des plus satisfaisant dans une grande tablée où les discussions vont bon train.
Puis vient un temps de méditation et de prières avec des échanges sur notre démarche. C'est intéressant bien que le coté religieux ne soit pas ma tasse de thé. Enfin nous sommes tout de même dans un couvent


Nous voilà prêts à passer une bonne nuit


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